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Le vieux châtaigner : Troubois


Ce patriarche trône près de Lugrin au sein d’une belle châtaigneraie à l’Est du hameau de Troubois, peu avant l’extrémité (impasse) de l’allée du Châtaignier.” “Exceptionnel non seulement par la circonférence de son tronc, du gabarit des champions tessinois (9,92m à 130 cm du sol, 10,75m à 80 cm, 11,70m au sol), mais encore par la hauteur remarquable, 25 à 30 mètres, qu’il a réussi à conserver au travers des siècles. Il a perdu une importante partie de lui-même, qui a laissé une ouverture béante (par ailleurs marquée par le feu) sur les deux premiers mètres de son tronc et qui pourrit lentement sur place.” “L’âge que lui attribue le panneau de présentation tout proche [2] paraît difficilement vérifiable, mais peu importe. C’est l’un des très impressionnants châtaigniers qu’on puisse voir autour de l’arc alpin, témoin spectaculaire de l’ancestrale culture de la châtaigne dans le bassin lémanique tant français que suisse.” Quel arbre prodigieux, et bien que durement endommagé durant la dernière décennie, mais il n’en demeure pas moins superbe pour un retraité !

 

La châtaigne : trésor éternel de l’automne chablaisien

Avec l’automne voici revenu le temps des châtaignes et des brisolées. Cette année cette saison est particulièrement douce et propice à des promenades dans les bois alentours dont beaucoup de châtaigneraies.

Une cueillette comme aux siècles derniers

La châtaigne tient un rôle primordiale dans l’histoire du pays d’Evian, appelée vulgairement le pain des pauvres, elle a nourri pendant des générations et ce depuis le moyen age les habitants et les animaux domestiques des campagnes environnantes. Elles arrivent à maturité pendant la 1ère quinzaine d’octobre. Traditionnellement on fauche sous les châtaigniers en septembre. Les premiers fruits qui tombent de l’arbre sont appelés « vouères » et ne se conservent pas plus d’un mois. Lorsque les bogues nommées aussi en patois « peillés » sont mi rosées mi vertes, on les gaule à l’aide d’un « sanjenot », longue perche en sapin flexible. Les bogues sont ainsi ramassées à l’aide de pinces en bois appelées « farfes » et déposées en tas entouré de pierres que l’on recouvre de branchages afin qu’ils fermentent pendant trois semaines. C’est le « boichon » dont on retrouve parfois des traces dans les châtaigneraies. Passé ce délai on « boichonne » c’est à dire que l’on tape sur les bogues avec un « cacheu », simple rondin en bois, pour faire ressortir les châtaignes des bogues. Avec ce procédé ancestral, les fruits se conservent ainsi tout l’hiver.

Des espèces d’arbres à protéger

La région possède principalement quatre types de châtaigniers. Les « entes » et « pieds de chiens» sont réservés à la consommation ménagère. Les « entes » contiennent que trois châtaignes dont souvent une plate sans chair intérieure appelée « cafou ». Les « pieds de chien » contiennent elles jusqu’à six châtaignes dont l’empreinte est en forme de pied de chiens. Ces dernières étaient jadis plus consommées car une fois sèches, mises dans un sac puis tapées sur une dalle la deuxième peau se détachait plus facilement. Les deux autres espèces d’arbres les « arals » et « brainconnes » donnent des fruits moins sucrés et plus fades réservés autrefois aux animaux. Beaucoup de châtaigneraies sont aujourd’hui en friche, d’autres malheureusement ont été souvent ravagées. Il reste à entretenir et valoriser ces arbres qui appartiennent au patrimoine historique, culinaire et naturel de la région.

Une tradition qui se perd

A la chandeleur, les anciens donnaient aux enfants les « pains Bénots », châtaignes cuites à la vapeur en principe sous le couvercle de la marmite réservée à la cuisson des choux pour les animaux. un-bonchon.jpgElles étaient lancées aux petits qui se précipitaient pour les dévorer. Aujourd’hui le mois d’octobre est prétexte à retrouvailles festives autour d’un brisolon ou brisolée pour les voisins valaisans. Partout autour d’Evian et au delà de la frontière, les localités organisent leur fête de la châtaigne. Là chacun retrouve un arrière goût d’enfance, pouvoir manger avec les mains en plus avec des doigts bien noirs ! Les fruits chauds ainsi décortiqués dégustés avec du fromage et du raisin, arrosés de moût constituent une collation de saison, sans oublier les délicieuses et néanmoins calorifiques «barquettes vermicelle» de nos riverains helvétiques qui perpétuent la recette de la confiture de châtaignes. Ces coutumes s’efforcent de mener la vie dure à la citrouille d’halloween venue d’ailleurs et à ces gélatineuses confiseries commanditées par la grande distribution!


SB. Avec la collaboration de René PERTUISET.
Le Messager du 16 octobre 2008

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